Edito du 8 décembre 2015

Madame, Monsieur,

Tout épargnant souhaite investir dans des placements financiers qui produisent un maximum de rendement avec un minimum de risque. Au début des années 1990, les OPCVM de trésorerie ont offert des rendements nettement supérieurs à l’inflation pour des placements à court terme sécurisés. Au cours des années 2000, les fonds en euros des contrats d’assurance-vie ont profité des rendements des obligations détenues dans un contexte de baisse des taux pour parvenir au même type de résultats. Que faire aujourd’hui alors que les taux d’intérêt sont au plus bas partout dans le monde et que la Banque Centrale américaine s’apprête à relever son taux directeur ?

Comme nous l’avions relevé dans notre dernier magazine « Perspectives », il existe une classe d’actifs qui paraît offrir un couple rendement/risque intéressant : les obligations « high yield » européennes. Une obligation « high yield » est émise par une société qui présente un risque plus ou moins limité de défaillance (faillite). La prime en termes de rendement de l’obligation doit normalement refléter le surcroît de risque pris par l’investisseur. Cette prime se calcule à partir de statistiques de défaillance des entreprises sur une très longue période et de taux de recouvrement des obligations en cas de défaillance avérée. Depuis le « trou d’air » du mois d’Août, il existe une divergence significative entre le calcul théorique de cette prime de risque et les rendements offerts sur les marchés financiers. Des sociétés comme Peugeot, Picard, Jaguar offrent des rendements compris entre 5 et 6 % pour des durées de 5 à 8 ans. Si l’on se réfère au passé, un épargnant est aujourd’hui gagnant s’il place son argent sur un échantillon représentatif d’obligations « high yield ».

Un tel investissement présente toutefois plusieurs risques : il faut tout d’abord sélectionner les entreprises qui, statistiquement, présenteront un taux de défaillance inférieur ou égal à la moyenne de l’indice. Ce travail nécessite une expertise que ne possèdent pas tous les gérants. Il faut également ne pas être exposé à une remontée des taux généralisée sur les marchés financiers. Il faut enfin que la conjoncture à venir ne soit pas exceptionnellement mauvaise (mais, dans cette hypothèse, toutes les classes d’actifs seront perdantes).

Nous avons sélectionné un fonds qui paraît répondre à cette problématique : « AltaRocca Rendement 2022 ». Il vient d’être lancé par la Société de Gestion Primonial Investment Managers. Il s’agit d’un fonds « daté », c’est-à-dire d’un fonds dont la vocation est d’acheter aujourd’hui des obligations à haut rendement et de les conserver jusqu’à leur terme. L’objectif des gérants est de verser  un rendement annuel brut capitalisé de 5,9 %. Ces derniers disposent d’une longue expérience en matière de fonds « datés ». Travaillant auparavant pour Oddo, ils ont lancé à la fin des années 2000 plusieurs fonds qui ont connu un grand succès sans aucune défaillance notable. Leur méthode est aujourd’hui « rôdée » : investissements de conviction dans les secteurs les moins exposés, sélection de titres reposant sur l’analyse fondamentale des entreprises, priorité donnée à la simplicité et la transparence (acquisition de valeurs mobilières et non de produits exotiques dupliquant le fonctionnement des marchés).

Par ailleurs, tirant parti du fait que les obligations des Etats solvables n’apportent aucun rendement à cinq ans, les gérants ont prévu de couvrir leur portefeuille contre le risque de remontée des taux souverains. Cette couverture sécurisera la sortie des investisseurs qui auront besoin de liquidité avant l’échéance prévue du fonds (2022).

Bien sûr, les rendements et l’expérience passés ne préjugent pas des performances futures. Mais le fonds AltaRocca nous paraît constituer une alternative intéressante aux fonds en euros, aux produits structurés ou aux fonds obligataires généralistes. Compte tenu de la fiscalité latente, nous conseillons l’investissement sous forme de contrats d’assurance-vie. Le fonds est référencé chez les plus importants d’entre eux..