Edito du 26 juillet

 

 

Pour la première fois depuis une cinquantaine d’années, le nouveau gouvernement adopte un discours volontariste sur la réduction des dépenses publiques et semble vouloir le mettre en œuvre. La présidence Sarkozy avait certes réduit le nombre de fonctionnaires et mis en pratique un budget « base zéro » (les dépenses engagées les années précédentes ne sont pas considérées comme acquises). Mais les recrutements effectués par les collectivités locales ont rendu vaines les suppressions des fonctionnaires et le budget « base zéro » est passé aux oubliettes après la crise financière de 2008. Quant à la présidence précédente, elle a usé d’habiletés comptables pour ne pas engager de réformes sérieuses.

L’heure des comptes semble être arrivée. Le problème est que la diminution des dépenses publiques se heurte aux groupes de pression qui représentent les populations qui en bénéficient. Le gouvernement a choisi de s’attaquer en priorité à l’un des plus gros contributeurs du budget de l’Etat : le BTP. La Bourse ne s’y trompe pas puisque les actions des sociétés appartenant à ce secteur sont les principales victimes du retrait des marchés depuis deux mois.

L’attaque est organisée et massive.

Les Pouvoirs Publics ont annoncé l’arrêt ou la mise sous naphtaline de grands projets régaliens : liaison Lyon / Turin, Canal du Nord à la Seine, nouvelles lignes TGV, extension du réseau autoroutier.

Ils s’apprêtent également à mettre à la diète les collectivités locales qui sont les premiers clients des grands groupes de BTP.

La réduction très modeste des aides au logement dénote la volonté des Pouvoirs Publics de s’en prendre à un « totem » des dépenses publiques. Les réactions outragées émises depuis le dernier week-end peuvent encore faire plier le gouvernement. Mais la tentation est forte de résister aux pressions pour réduire un budget trois fois supérieur à celui de la Justice et dont les études réalisées régulièrement par la Cour des Comptes montrent qu’il est coûteux, inefficace, insuffisamment redistributif et générateur d’effets pervers. Une restructuration plus profonde des aides à la personne est probable à moyen terme.

La réforme de l’ISF, qui est encore dans les limbes, promet également une attaque frontale contre l’immobilier puisque ce serait le seul actif faisant l’objet de la nouvelle taxation sur le capital. La mise en place de cette réforme sera un casse-tête pour le gouvernement tant il paraît aisé d’organiser son patrimoine pour minimiser l’impôt dans l’hypothèse où seul l’actif net ferait partie de l’assiette imposable. Il est à espérer que les hauts fonctionnaires de Bercy n’imagineront pas un nouveau dispositif kafkaien pour limiter les abus.

Il est enfin probable que le dispositif des aides fiscales à la pierre (Pinel aujourd’hui) ne sortira pas indemne à l’automne des coupes budgétaires. Son efficacité a toujours été contestée mais, faute de mieux, il a résisté à l’usure du temps.

Est-il encore opportun d’investir dans l’immobilier dans ce nouveau contexte ? Il est prématuré de répondre à cette question tant que les réformes engagées ne seront pas précisées et mises en œuvre. Il est certain que, si la volonté des Pouvoirs Publics est bien de réorienter l’épargne immobilière vers l’épargne financière, les patrimoines à dominante immobilière devront être diversifiés.

Il n’en reste pas moins que, dans la conjoncture actuelle de taux très bas, l’immobilier, lorsqu’il est financé par un crédit, dispose d’atouts qui en font un placement durablement séduisant. Son rendement tout d’abord : la prime offerte par rapport au taux de l’OAT est d’au moins 2 % pour les biens les mieux situés. C’est beaucoup mieux que le livret d’épargne. La possibilité également de financer son investissement par de la dette et de déduire fiscalement les frais financiers des loyers. Enfin, la protection offerte contre l’inflation puisque, sur le long terme, les loyers augmentent avec la hausse des prix et le coût de la dette est réduit d’autant. C’est comme cela que nos grands-parents (ou, pour certains, arrière grands-parents) ont pu s’enrichir dans les années 1960.

Il n’est donc pas trop tard pour se positionner sur les dernières opportunités du dispositif Pinel en privilégiant les agglomérations durablement porteuses (Grand Paris, Lyon, Bordeaux, Toulouse).

Une dernière recommandation : ne diversifiez pas votre patrimoine immobilier en investissant dans Vinci, Eiffage ou Bouygues !