Marchés financiers

Gestion value : pourquoi les actions décotées peuvent retrouver leur place dans un portefeuille

Longtemps éclipsée par la domination des grandes valeurs de croissance, la gestion value suscite de nouveau l’intérêt des investisseurs. Dans un contexte de marchés plus sélectifs, de valorisations parfois élevées et de forte concentration des indices, rechercher des entreprises de qualité dont le prix de marché paraît inférieur à leur valeur fondamentale peut redevenir une source de diversification et de performance à long terme.

Cette approche ne consiste plus simplement à acheter les actions les moins chères au regard de leurs multiples comptables. La gestion value moderne cherche à identifier les sociétés temporairement sous-évaluées, tout en évitant les entreprises dont la décote reflète une dégradation structurelle.

Les points essentiels

  • La gestion value peut contribuer à diversifier un portefeuille actions.
  • Elle repose sur l’écart entre le prix de marché d’une entreprise et sa valeur fondamentale estimée.
  • Les approches traditionnelles fondées uniquement sur les faibles multiples montrent aujourd’hui leurs limites.
  • Les ETF actifs permettent d’intégrer une recherche plus qualitative tout en conservant un accès efficient aux marchés.
  • Cette stratégie doit s’envisager sur un horizon long et dans une logique de complémentarité avec d’autres styles de gestion.

Qu’est-ce que la gestion value ?

La gestion value consiste à investir dans des entreprises dont le cours de bourse semble inférieur à leur valeur économique réelle. Cette valeur peut être appréciée à partir de différents éléments : bénéfices, flux de trésorerie, actifs détenus, rentabilité, position concurrentielle, qualité du bilan ou capacité à générer durablement des profits.

L’idée centrale est simple : les marchés financiers peuvent, à certains moments, sous-évaluer des sociétés en raison d’un contexte défavorable, d’un manque de visibilité temporaire ou d’une préférence excessive des investisseurs pour d’autres secteurs plus en vogue.

La gestion value cherche alors à profiter de ces écarts de valorisation, avec l’objectif que le marché reconnaisse progressivement la valeur fondamentale de l’entreprise.

Pourquoi cette stratégie redevient-elle pertinente ?

Depuis plusieurs années, les marchés actions ont été fortement tirés par un nombre restreint de grandes valeurs de croissance, notamment dans les secteurs technologiques. Cette concentration a permis aux indices mondiaux de progresser, mais elle a aussi accru la dépendance des portefeuilles à quelques grandes capitalisations.

Dans ce contexte, la gestion value peut jouer un rôle de contrepoids. Elle offre une exposition à des entreprises souvent moins présentes dans les grands récits de marché, mais susceptibles de bénéficier d’un retour d’intérêt lorsque les valorisations élevées deviennent plus difficiles à justifier.

Les rotations de styles entre croissance, qualité, momentum et value font partie de l’histoire des marchés financiers. Aucun style ne domine en permanence. Une allocation équilibrée peut donc avoir intérêt à combiner plusieurs moteurs de performance.

La gestion value ne se limite plus aux faibles multiples

Pendant longtemps, une action value était principalement identifiée par des ratios de valorisation faibles : PER réduit, faible ratio cours sur actif net ou rendement du dividende élevé. Ces indicateurs restent utiles, mais ils ne suffisent plus.

Une part croissante de la valeur des entreprises repose aujourd’hui sur des actifs immatériels : marques, logiciels, brevets, données, recherche et développement, savoir-faire, capital humain ou propriété intellectuelle. Ces éléments ne sont pas toujours correctement reflétés dans les comptes comptables traditionnels.

Une approche value moderne doit donc combiner analyse quantitative et analyse qualitative. L’objectif n’est pas seulement d’acheter une action bon marché, mais d’identifier une entreprise sous-évaluée dont les fondamentaux peuvent s’améliorer ou être mieux reconnus par le marché.

Comment éviter les pièges de valorisation ?

Toutes les actions peu chères ne constituent pas de bonnes opportunités. Certaines entreprises affichent des valorisations faibles parce qu’elles font face à des difficultés durables : endettement excessif, perte de compétitivité, rupture technologique, gouvernance fragile ou modèle économique en déclin.

C’est ce que l’on appelle les value traps, ou pièges de valorisation. Le titre paraît décoté, mais cette décote est justifiée par une détérioration réelle de l’activité.

Pour les éviter, il est nécessaire d’analyser la qualité du bilan, la génération de flux de trésorerie, la position concurrentielle, les perspectives de croissance, la discipline du management et la capacité de l’entreprise à restaurer sa rentabilité.

Quel rôle pour les ETF actifs ?

Les ETF actifs constituent une évolution intéressante pour accéder à la gestion value. Contrairement à un ETF indiciel traditionnel, qui réplique mécaniquement un indice, un ETF actif peut intégrer un processus de sélection plus sophistiqué.

Il peut notamment prendre en compte des éléments qualitatifs : solidité financière, dynamique des bénéfices, qualité du management, rentabilité du capital, capacité d’innovation ou prise en compte des actifs immatériels.

Cette approche permet de conserver certains avantages des ETF — transparence, diversification, liquidité, frais généralement maîtrisés — tout en recherchant un potentiel d’alpha grâce à une sélection active des titres.

Quelle place dans un portefeuille ?

La gestion value n’a pas vocation à remplacer une allocation diversifiée en actions internationales. Elle peut en revanche constituer un complément utile pour réduire la dépendance d’un portefeuille aux seules grandes valeurs de croissance.

Elle peut être utilisée comme une brique satellite autour d’un cœur de portefeuille plus large, par exemple composé d’ETF Monde, d’ETF obligataires ou de fonds diversifiés. Son poids dépendra du profil de risque de l’investisseur, de son horizon de placement et de sa sensibilité aux cycles de marché.

Comme toute exposition actions, cette stratégie doit être envisagée sur une durée longue et avec une capacité à accepter des périodes de sous-performance relative.

Une approche utile dans une stratégie patrimoniale diversifiée

Pour un investisseur patrimonial, l’intérêt de la gestion value réside moins dans une recherche de performance à court terme que dans sa capacité à compléter d’autres sources de rendement. Elle peut apporter une exposition différente de celle des grands indices dominés par les plus importantes capitalisations boursières.

Dans une allocation construite avec méthode, les actions value peuvent contribuer à diversifier les styles, limiter certains risques de concentration et profiter d’éventuelles rotations de marché. Les ETF actifs permettent aujourd’hui d’accéder à cette thématique avec davantage de souplesse qu’une gestion traditionnelle exclusivement fondée sur des filtres mécaniques.

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Les informations présentées sur cette page ont un caractère pédagogique et ne constituent pas une recommandation personnalisée d’investissement. Les marchés financiers présentent un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Toute décision d’investissement doit être appréciée au regard de la situation personnelle, patrimoniale, fiscale et financière de l’investisseur.