Assurance-vie et protection du couple

Co-souscription en assurance-vie : comment protéger votre conjoint ?

Souscrire une assurance-vie à deux peut permettre d’organiser la protection du conjoint survivant et la transmission du capital. Encore faut-il choisir le bon dénouement et vérifier la cohérence avec votre régime matrimonial.

Premier ou second décès, origine des fonds et droits des héritiers : Maubourg Patrimoine vous aide à examiner les conséquences de chaque option.

Protection du conjoint et transmission du patrimoine familial

Ce qu’il faut retenir

Une assurance-vie en co-souscription est un contrat unique souscrit par deux personnes. Selon ses modalités, il se dénoue au premier décès ou continue après celui-ci jusqu’au décès du second assuré. Le choix doit être compatible avec le régime matrimonial, la nature des fonds et les conditions d’acceptation de l’assureur.

Qu’est-ce que la co-souscription en assurance-vie ?

Dans une souscription individuelle, une seule personne a la qualité de souscripteur. En cosouscription, également appelée souscription conjointe, deux personnes souscrivent un même contrat. Elles sont généralement toutes deux assurées, selon les modalités prévues au contrat.

Les opérations de gestion, les rachats et les modifications de la clause bénéficiaire obéissent aux règles du contrat. Pendant la vie des deux souscripteurs, leur accord conjoint est généralement demandé pour les opérations importantes.

À distinguer : deux assurances-vie individuelles avec désignation réciproque du conjoint comme bénéficiaire ne constituent pas une cosouscription. Les dates de dénouement, les pouvoirs de gestion et les effets patrimoniaux diffèrent.

Premier ou second décès : quelle différence ?

DÉNOUEMENT AU PREMIER DÉCÈS

Le capital est versé aux bénéficiaires

Le décès du premier assuré met fin au contrat. Le capital est versé aux bénéficiaires désignés, qui peuvent être le conjoint, les enfants ou d’autres personnes selon la clause retenue.

Cette solution répond à un objectif de transmission dès le premier décès. Si le conjoint reçoit les fonds et les réinvestit, il s’agit d’une nouvelle opération à apprécier selon son âge et sa situation.

DÉNOUEMENT AU SECOND DÉCÈS

Le contrat se poursuit pour le survivant

Le premier décès ne provoque pas le versement du capital aux bénéficiaires. Le contrat continue, avec des droits pour le survivant à organiser par le régime matrimonial et les clauses contractuelles.

Les bénéficiaires reçoivent le capital au décès du second assuré. Cette option peut préserver la continuité du placement pour le conjoint, mais reporte la transmission prévue par la clause bénéficiaire.

QuestionPremier décèsSecond décès
Quand le contrat prend-il fin ?Au décès du premier assuré.Au décès du second assuré.
Quand les bénéficiaires reçoivent-ils le capital ?Au premier décès, selon la clause bénéficiaire.Au second décès.
Quel objectif principal ?Transmettre le capital dès le premier décès.Conserver le contrat pour le survivant et différer son dénouement.
Quel point doit être organisé ?Les bénéficiaires et le traitement des fonds communs.Les droits du survivant sur le contrat et la liquidation du régime matrimonial.

Le régime matrimonial et l’origine des fonds sont déterminants

Époux mariés sous un régime de communauté

La cosouscription est souvent envisagée avec des fonds communs. Un contrat qui se poursuit au second décès nécessite une organisation cohérente des droits du survivant : une clause de préciput visant le contrat ou une attribution intégrale de la communauté peut notamment être étudiée avec le notaire.

Une somme reçue par succession ou donation peut rester propre à l’un des époux. Son versement sur un contrat conjoint ne doit donc pas être traité comme celui de fonds communs. Même en communauté universelle, il faut lire le contrat de mariage et ses éventuelles exclusions.

Époux séparés de biens

La séparation de biens ne crée pas, à elle seule, une masse commune. Une société d’acquêts peut être envisagée pour certains actifs, sous réserve de sa rédaction, de l’origine des fonds et de l’accord de l’assureur. Il faut vérifier que le contrat concerné entre bien dans son périmètre.

Couples pacsés ou concubins

Les possibilités de souscription conjointe dépendent de l’offre et des critères de l’assureur. Certaines compagnies la réservent aux époux et refusent les autres configurations. Une restriction d’acceptation propre à une compagnie ne doit pas être confondue avec une interdiction générale. Des contrats individuels avec clauses bénéficiaires adaptées peuvent aussi être étudiés.

Une clause matrimoniale ne se résume pas à une case à cocher

Le préciput permet au survivant de prélever certains biens communs avant partage. L’attribution intégrale porte sur la communauté, pas automatiquement sur tous les biens propres. Ces aménagements se rédigent avec le notaire, en tenant compte des enfants et de l’ensemble du patrimoine.

Les points à examiner avant de souscrire à deux

Protection du conjoint et place des enfants

Un dénouement au second décès reporte le versement aux bénéficiaires. Il faut vérifier que cela correspond aux besoins de la famille et à la volonté de chaque époux. En présence d’enfants d’une précédente union, les avantages matrimoniaux peuvent soulever une difficulté particulière, notamment au regard de l’action en retranchement.

Conséquences civiles et fiscales

Au premier décès, la liquidation du régime matrimonial et la succession doivent être examinées même si le contrat n’est pas dénoué. Le traitement fiscal d’un contrat non dénoué alimenté par des fonds communs ne détermine pas, à lui seul, les droits civils des héritiers.

Lors du dénouement, la fiscalité dépend notamment des dates du contrat et des versements, de l’âge pertinent pour les règles fiscales applicables et de l’identité des bénéficiaires. Souscrire à deux ne double pas automatiquement les abattements.

Fonctionnement au quotidien et mobilité internationale

Les signatures requises, les possibilités de rachat, une éventuelle incapacité et les conséquences d’une séparation doivent être anticipées. Si un époux vit à l’étranger ou si la famille relève de plusieurs pays, la loi applicable et les règles fiscales locales doivent également être étudiées.

Peut-on ajouter un conjoint ou changer le dénouement d’un contrat existant ?

Passer d’un contrat individuel à une cosouscription, ou modifier le dénouement du premier au second décès, change les caractéristiques du contrat. L’assureur doit analyser la demande et peut la refuser.

La conservation de l’antériorité fiscale ne doit pas être promise sans étude. Une modification substantielle peut soulever un risque de novation, c’est-à-dire le remplacement de l’obligation initiale par une nouvelle, ainsi qu’un risque de donation indirecte selon les droits transférés.

Avant tout avenant : faites examiner le contrat, le régime matrimonial, l’âge et la situation des assurés ainsi que les versements et rachats envisagés. Un aménagement matrimonial éventuel doit être régularisé et applicable avant sa mise en œuvre dans le contrat.

Questions fréquentes

La cosouscription au second décès est-elle réservée à la communauté universelle ?

Pas nécessairement. D’autres configurations peuvent être étudiées, avec des clauses matrimoniales adaptées et sous réserve d’acceptation par l’assureur. La communauté universelle ne suffit pas non plus, à elle seule, à régler toutes les questions.

Le conjoint survivant reçoit-il le capital au premier décès dans un contrat au second décès ?

Il ne reçoit pas à ce moment un capital décès en application de la clause bénéficiaire : le contrat n’est pas dénoué. Ses droits sur le contrat découlent du montage matrimonial et contractuel retenu.

La cosouscription fait-elle disparaître toute succession au premier décès ?

Non. Les biens propres et les autres actifs doivent être examinés. Le traitement du contrat dépend des clauses matrimoniales et des droits des héritiers.

Est-ce toujours préférable à deux contrats individuels ?

Non. Deux contrats individuels peuvent mieux correspondre à l’autonomie patrimoniale du couple ou à ses objectifs de transmission. La comparaison porte sur les droits de chacun, les bénéficiaires, la fiscalité et le fonctionnement souhaité.

L’assurance-vie au service de votre stratégie patrimoniale

Le mode de souscription se choisit avec la clause bénéficiaire, l’allocation et les objectifs de protection et de transmission.

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